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Une nouvelle étape
propulsée par... Keiko
technique · Article · samedi, 7 novembre 2026 à 16:55:06 · 6 min
Après plus d'un lustre sur WordPress, puis presque une décennie à vivre à travers Ghost, les Archives d'Anubis migrent vers une base plus moderne. Cette fois-ci, il s'agit d'un site dit "statique", c'est-à-dire qu'il ne nécessite aucun backend pour exister. Qu'est-ce que ça fait du bien !
Depuis maintenant de longues années, le développement de Ghost se concentre essentiellement sur des fonctionnalités pour bloggers professionnels, comme une sorte de Medium auto-hébergeable. Je comprends l'intérêt pour une niche de spécialistes mais, dans mon cas, je n'ai aucune prétention à exiger des rémunérations, à constituer une audience et à courir après la reconnaissance publique.
Bien sûr, les baroudeurs du web s'esclafferont en découvrant que "site statique" est aujourd'hui synonyme de "modernité". Pour autant, le processus ne se limite pas à éditer du HTML brut : on rédige les fichiers en format Markdown, on appuie sur un bouton, et ça génère des fichiers HTML qui sont servis "morts" sur Internet. Outre les performances clairement supérieures, on limite aussi les vecteurs d'attaque - ça devient très important, depuis quelques temps[1]...
Pourquoi rester en ligne en permanence, si c'est pour éditer du contenu une fois tous les ans ?
Des CMS comme Hugo ont déjà concrétisé cette promesse de sites statiques il y a déjà plus de dix ans, mais il m'était assez difficile de développer les modules nécessaires aux implémentations parfois assez spécifiques qui m'étaient demandées. D'où Keiko, mon générateur de site perso. Cette base technique, je l'ai développée dans le cadre de mon travail pour l'Atelier Vandy. Nos premiers clients, pour lesquels nous avions opté Wordpress, avaient souvent du mal à tenir leurs sites à jour, si bien qu'en peu de temps, ceux-ci se muaient en vulnérabilités exploitables. Difficile de continuer à proposer de tels services, surtout maintenant que les nigauds à la tête des entreprises américaines qui vendent de l'éhaie[2] semblent se moquer des règles de cybersécurité de base, comme avertir les responsables d'un projet avant d'en dévoiler une faille, afin de leur laisser le temps de la régler. Ami-e-s lectrices, lecteurs - faites votre possible pour réduire autant que possible les surfaces d'attaque...
1: L'interface de Keiko Backoffice
Quant au nom, Keiko, c'est une référence à mon oiseau "pot-de-colle" qui, sortie du nid, s'était cachée dans les copeaux de bois qui constituaient sa litière dans l'espoir qu'on ne la remarque pas. Tout comme elle, c'est par instinct de survie que mon générateur de site statique - la partie backoffice - se cache autant que possible afin de ne pas prêter le flanc à une attaque. Pourquoi rester en ligne en permanence, si c'est pour éditer du contenu une fois tous les ans ?
L'éhaïe n'a pas été complètement étrangère à cette migration, je dois l'avouer. Quoiqu'en disent les éhaïayatollahs pour qui mon adoption de cette technologie n'est pas suffisamment aveugle et religieuse, je ne compte pas rester ignorant et cracher par principe sur une nouveauté. Pour le passage de données de SQL à du Markdown structuré, d'abord, il était facile de dire "Tu vois ces propriétés XXX et ZZZ ? Convertis-les en AAA, puis retire les propriétés YYY dont les valeurs ressemblent à BBB, tant qu'à faire". Un script déterministe aurait pu se charger du travail tout aussi bien, mais souvent, dans une telle situation, le temps requis pour la création dudit script (et pour la prise en compte des nombreux "edge cases") dépasse la durée du travail à la main. Là, admettons, mon agent local m'a épargné au moins 45 minutes de "travail de singe" à chaque étape de la migration.
Pour le prototypage, ensuite, l'éhaïe m'a aidé lorsqu'il a fallu imaginer la nouvelle version des Archives d'Anubis. Par le passé, j'aurais écumé le web à la recherche d'inspiration. Ici, j'ai pu démarrer avec des prototypes fonctionnels générés sur la base de mon prompt, à la recherche d'idées graphiques qui colleraient à mes besoins. Le vrai danger d'une telle démarche, c'est que l'espace des possibles se réduit drastiquement[3]. En effet, les prototypes générés par les LLM modernes ont la sale habitude de tous se ressembler - autant que les images générées[4], au fond, mais rien n'empêche de puiser quelques idées pour les greffer sur un design plus cohérent. En revanche, pour ce qui est de "boilerplater" un projet, j'avoue que des modèles modernes m'ont bien facilité la vie, même si l'objectif visé reste toujours de créer un véritable boilerplate déterministe plutôt que de déléguer le setup "chiant" (eslint, containers, etc) à un générateur de texte probabiliste.
Finalement, j'ai délégué à Kimi K2.6 les revues de code qu'on aurait idéalement confié à des collègues, pour la simple raison que mon travail ici est purement solitaire. Parmi les propositions, un petit tiers m'a semblé pertinent. Toujours ça de pris. C'est peut-être là où ces outils montrent leur plus grosse utilité : ils permettent de compenser partiellement un manque au sein d'une équipe, en fournissant un résultat qui oscille entre le médiocre et l'acceptable, tant en UX ou en ingénieurerie logicielle. Tant que l'on parle d'usage consultatif, les suggestions demeurent bonnes à prendre.
Si l'on peut considérer ces outils comme utiles dans des cadres bien précis, il m'est cependant difficile de faire l'impasse sur l'ensemble des questions liées à l'éthique - j'inclus ici l'écologie autant que l'attribution des sources employées pour entraîner les modèles - ainsi que sur les problématiques de désengagement cognitif, ou encore les risques d'un usage abusif sur le développement des domaines où ces modèles de langage tentent de se substituer aux humains.
Pour en revenir aux Archives d'Anubis sauce Keiko, je vais tenter de reprendre une écriture plus régulière. La nouvelle frise chronologique ne ment pas : elle montre à quel point mon précédent emploi siphonnait ma motivation à maintenir mes projets sur le côté (et pas que...). Mon nouveau rythme professionnel me laisse un peu plus d'énergie en-dehors des heures de travail et puisque j'ai un certain nombre de sujets à aborder, le blog va probablement se garnir de "billets" plus fréquemment - de nature toujours essentiellement ludiques, même si les questions technologiques vont refaire surface sur ce blog après 9 ans d'absence[5]. Quant aux sujets artistiques, lorsque j'aurai trouvé une parade pour limiter les risques que des crawlers viennent sniffer mes dessins pour les utiliser en base d'entraînement, j'en profiterai pour vous montrer ce que les bonnes leçons de Madame ont pu m'inspirer. À bientôt !
Une pensée pour mes anciens collègues qui doivent patcher des sites qui font tourner du vieux PHP suite à... La Faille. ↩︎
Oui, oui... de "l'Intelligence Artificielle", je sais... et leurs maîtres sont les éhaïayatollahs. ↩︎
Zamfirescu-Pereira, J. D., Jun, E., Terry, M., Yang, Q., & Hartmann, B. (2025). Beyond Code Generation: LLM-supported Exploration of the Program Design Space. Proceedings of the 2025 CHI Conference on Human Factors in Computing Systems. https://doi.org/10.1145/3706598.3714154 ↩︎
L'idée derrière le verbe "Yassify" - cette tendance à lisser les visages pour qu'ils ressemblent tous à des canons de "beauté"... ↩︎
Dernier billet sur le sujet : 10 août 2017. Ça ne nous rajeunit pas ! ↩︎