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Qin - Tianxia : Une éternelle amoureuse

Quatrième séance de la campagne, le 17 mars 2007. Notre groupe continue le scénario "L'Éternelle Amoureuse"((Dans "Mythes et Animaux Fabuleux", l'excellent supplément de "bestiaire" pour la gamme Qin.)), que j'avais placé en interlude entre le scénario du livre de base et celui du livret de l'écran. C'est également la dernière séance pour pas mal de nos joueurs - Drinij et Cui Yuan, Odin et Main Apaisante, Dyonisos et Lu Yan Sheng ainsi que Maciste et Panda Assoiffé quitteront le navire (avant de mieux revenir quelques années plus tard, pour au moins deux d'entre eux).

Message d'introduction

Personnages présents

  • Chen Chi, "Main Apaisante"
  • Liu Mei Shan
  • Lu Yan Sheng
  • Tian Zaisheng

Préambule

À Nao, maître Tian et le soldat Lu préparent leurs bagages pour rejoindre leurs compagnons. Yan Sheng a terminé sa première année de service militaire et décide de passer la seconde à la frontière nord du Zhao((Selon le livre de base de Qin, la population du Zhongguo était astreinte à un service militaire de deux ans : une année au sein d'une cité, l'autre à la frontière du Royaume.)), qui marque les limites du Zhongguo et du territoire Xiongnu. Zaisheng, lui, prend congé de son maître Main Gauche, non sans avoir perfectionné sa maîtrise de l'équitation en vue d'un long voyage. C'est ainsi qu'à dos de cheval, nos deux comparses affrontent le froid glacial, les plaines enneigées et les redoutables montagnes du Zhao.

De leur côté, Liu Mei Shan, Main Apaisante, Panda Assoiffé et le Serpent continuent leur enquête sur la mystérieuse Lo May. Après avoir passé une soirée merveilleuse aux "Quatre Soeurs", Panda Assoiffé renseigne ses amis sur ses découvertes avant de s'écrouler dans le dortoir, ivre et mort de fatigue. le Serpent le rejoint quelques heures plus tard. Il ne reste plus que Main Apaisante et Liu Mei Shan pour mener l'enquête !

C'était sans compter l'aide précieuse de Ciu Wang, un jeune érudit versé dans l'art du Taoïsme, qui s'intéressait lui aussi à Lo May et à son talent merveilleux.

Déroulement de la séance

C'est par une matinée enneigée que Tian Zaisheng et Lu Yan Sheng franchissent l'enceinte de Hungo. La population locale les oriente vite vers l'auberge "Le Repos du Phénix", où logent des voyageurs correspondant aux descriptions de Liu Mei Shan, Main Apaisante et Panda Assoiffé. Au cours de leurs retrouvailles, ces derniers les mettent à la page, que ce soit au sujet des cavaliers persistants qui les ont agressés ou de l'étrange affaire entourant Lo May et sa voix hors du commun.

Un autre client de l'auberge s'intéresse à l'énigmatique chanteuse. Ciu Wang, jeune scribe de passage à Hungo, découvre que la voix qui l'a bercé lors de son séjour à l'auberge provient d'un établissement voisin - les Quatre Soeurs. La passion et la curiosité le poussent à interroger les autres voyageurs de l'auberge, jusqu'à tomber lui aussi sur Tian Zaisheng et Liu Mei Shan. Autour d'un verre, il écoute avec fascination le récit de la nuit que Panda Assoiffé a passé en présence de Lo May. Mei Shan finit par leur fausser compagnie et se rend aux Quatre Soeurs pour interroger sa tenancière, Mme Shin. Une bien vaine tentative, puisque notre marchande n'apprend pas grand chose : Mme Shin est proche de ses sous et se montre toujours heureuse de proposer plus d'alcool de grande qualité, mais elle semble ne pas savoir grand chose au sujet de sa cantatrice providentielle.

Intéressons-nous maintenant à Main Apaisante, qui continue de travailler à la clinique. Durant son service, le médecin itinérant reçoit la visite d'un homme plutôt costaud : celuic-i interroge tout le monde au sujet de Lo May. Encore elle ! Main Apaisante lui indique l'endroit où celle-ci réside et voilà que l'intrus s'en va sans en dire plus. Cet intrigante rencontre pousse Chen Chi à rejoindre prestement ses amis pour une mise en commun dont découlent les décisions suivantes :

  • Tian Zaisheng fait le pied de grue sur la place du marché dans l'attente qu'une dame de grande beauté quitte les Quatre Soeurs, en espérant qu'il s'agisse de Lo May. Au bout d'un moment, cet espoir se concrétise : une magnifique jeune femme sort de l'établissement et prend la direction du marché. Zaisheng, dans la formation en filature n'a jamais été éprouvée, la suit tant bien que mal jusqu'à s'apercevoir qu'il n'est pas seul à le faire. Effectivement, un loubard patibulaire surveille également la belle...
  • Après une petite heure de service, Main Apaisante est envoyé au marché par le médecin, dans le but d'y acheter divers composants médicinaux. Il y rencontre Tian Zaisheng, qui tentait maladroitement de surveiller celle que tout semble indiquer comme étant Lo May. Qu'à cela ne tienne, Main Apaisante pénètre dans l'échoppe et en profite pour engager la conversation avec cette mystérieuse inconnue. Prétextant qu'il désire rencontrer une certaine Lo May aux Quatre Soeurs, il feint la surprise lorsqu'elle lui rétorque qu'il se tient précisément devant elle. L'attitude de la dame est ouvertement enjouée, voire aguicheuse, mais cette embarrassante conversation n'était pas faite pour durer : un fonctionnaire rondouillard fait irruption et accapare bien vite le temps de parole de chacun alors qu'il s'adresse à celle qui cristallise l'intérêt de tous. Se présentant au nom de Xiao Ping, l'homme transpire l'arrogance lorsqu'il promet à Lo May monts et merveilles si elle accepte de l'épouser. Rien d'étonnant à ce que sa seule réponse - un rire moqueur de la belle - le rende ivre de rage, si bien qu'il lève la main pour châtier l'impudente, avant d'être arrêté net par Main Apaisante. Notre héros tente de calmer le jeu, en expliquant au goujat qu'il ne serait pas bon pour son image de frapper une gente dame au milieu d'une place publique. Mais rien n'y fait : Xiao Ping fulmine toujours plus et n'accepte de s'en aller qu'au prix d'un chapelet d'injures et de menaces à l'encontre de la cantatrice et du médecin-vagabond.
  • Coiffé sur le poteau par Chen Chi, Tian Zaisheng change de cible et se concentre désormais sur le loubard qui surveille Lo May. Une intuition providentielle : le suspect la garde à l'oeil jusqu'à ce qu'elle rentre aux Quatre Soeurs, avant de pénétrer dans une auberge avoisinante. Là, il s'assied avec deux autres personnes et ensemble, ils discutent de Lo May, déclarant qu'ils "doivent encore récolter plus d'informations" avant de "passer à l'action". Que de sinistres augures tombent dans les oreilles du preux Zaisheng !
  • Le travail d'équipe, c'est important. Ciu Wang et Mei Shan l'ont bien compris : puisque Zaisheng et Chen Chi travaillent dur, il leur revient de compenser en restant inactifs ! Pour passer le temps, tous deux font plus amples connaissances. L'érudit tente de séduire la marchande, mais la prestation est peu convaincante. Heureusement, le soldat Lu intervient pour faire passer l'embarras : se réveillant de son long voyage, il fait irruption et s'enquiert de ce qui se passe en ville. Les trois sortent ensuite prendre une petite promenade penaude dans l'espoir de tomber sur quelques indices. Le destin les a à la bol : après à peine dix minutes, ils tombent nez-à-nez avec le fonctionnaire Tan, qui recherche Main Apaisante pour l'interroger au sujet de Lo May. Mais pour une fois, il ne s'agit pas de curiosité déplacée : il soupçonne Lo May d'être impliquée dans les vols qui sévissent ces derniers temps. Forts de ces bonnes intentions, les trois compères amènent le magistrat à Main Apaisante, de sorte à ce qu'il lui fasse une proposition. En échange des informations de Main Apaisante, il promet de contenir les éventuelles tentatives de vengeance de la part de Xiao Ping le furieux. Notre vagabond au grand cœur hésite, mais promet d'aider si d'aventure, il découvrait que Lo May était malhonnête.

Quelques minutes après le départ du magistrat Tan, quelqu'un frappe à la porte du médecin. Il s'agit de Lo May en personne, qui porte à son défenseur et à ses compagnons une invitation à son récital du soir. Elle prend ensuite congé, non sans avoir adressé quelques sourires révélateurs à Main Apaisante. À cette étape de notre histoire, nos Wuxia sont encore jeunes et innocents : il ne faut pas plus que cela pour qu'ils décident de refaire entièrement la garde-robe quelque peu miteuse de Main Apaisante. Pendant des heures, le groupe se prépare à cette terrible épreuve : Liu Mei Shan se pomponne comme une déesse, Main Apaisante va chercher un chang pao de qualité, les autres s'interrogent sur le meilleur moyen de ne pas sembler trop pouilleux - sans trouver de réponse, malheureusement.

En soirée, nos héros assistent à un autre des exceptionnels spectacles de Lo May, suite à quoi la chanteuse prend congé du groupe et retourne à sa loge. Main Apaisante, Liu Yan Sheng et Ciu Wang profitent de l'occasion pour veiller sur la fenêtre de Lo May, depuis la rue. Là, une sinistre silhouette s'approche d'eux, de ses mouvements disgracieux. D'une voix incertaine, l'individu injective Main Apaisante. C'est Feng Sho. En vérité, le soldat en permission était éperdument tombé amoureux de Lo May. S'étant réfugié dans la boisson pour noyer son chagrin, il eut ouï-dire que Main Apaisante avait décroché l'intérêt de la chanteuse et toute la nuit, il n'eut de cesse de cultiver sa rancœur devant une tasse d'alcool. Pour lui, c'est l'heure de la confrontation, du jugement dernier. Cette détermination est bien vite tournée au ridicule lorsqu'il trébuche suite à un habile croche-patte de Yan Sheng, avant d'être projeté au sol par Main Apaisante et de déguster une boule de neige fabriquée avec soin par Ciu Wang. Le soldat Lu profite du momentum favorable pour réquisitionner l'arme du pauvre misérable, mais ce dernier ne l'entend pas ainsi : il tente de la reprendre, non sans insulter son agresseur. Le sang de Ciu Wang et de Main Apaisante ne fait qu'un tour. Ils savent que Feng Sho a commis une grave, une très grave erreur. Lestement, Main Apaisante assomme l'ivrogne, en espérant que dans la confusion des gestes, Yan Shen ignorera l'affront. Peine perdue : Lu Yan Sheng ne se laisse pas traiter de la sorte. Il relève cette lavette imbibée qui a insulté le nom de ses ancêtres et lui assène un puissant direct du droit dans la mâchoire. L'impact est d'une telle violence que le pauvre Feng Sho est projeté au sol, aux portes de la mort. Personne. Personne n'insulte Lu Yan Sheng. Constatant que le temps perdu à se bagarrer était amplement suffisant pour permettre à Lo May de mettre les voiles, Main Apaisante se résigne à embarquer Feng Sho à l'auberge pour lui prodiguer quelques soins.

Quelques heures plus tard, un nouvel événement vient troubler cette nuit tragique : le magistrat Tan se présente aux Quatre Soeurs, y fait cesser le banquet qui suivait le récital et exige qu'on lui remette Lo May ou, à défaut, qu'on le laisse mener des fouilles dans sa chambre. De récentes révélations l'ont persuadé qu'elle est coupable. Se rangeant à cet avis, Tian Zaisheng ordonne fermement à Mme. Shin d'obtempérer. Celle-ci se résigne à les mener à la loge, manifestement désertée par sa locataire il y a peu. Le magistrat Tan met la main sur le butin des vols, ainsi que sur une stupéfiante lettre signée de Main Apaisante. Manifestement contrefaite - car comme le précise Zaisheng, Main Apaisante ne sait pas écrire - elle donne rendez-vous à Lo May au puit des amants. Prêtant l'oreille aux palabres dans la loge de la chanteuse, Main Apaisante profite de l'occasion pour filer au puit des amants afin d'y éclaircir ce mystère.

La discussion entre le reste du groupe et le magistrat Tan est interrompue par un léger bruissement issu de la fenêtre : non sans attirer l'attention sur lui, un individu félin s'élance du balcon jusqu'au toit voisin. Sa silhouette semble bien trop grande pour qu'il s'agisse de Lo May. Lu Yan Sheng se précipite par la fenêtre et parvient à se propulser telle une fusée jusqu'au toit voisin, non sans manquer de glisser au passage. Ciu Wang, ayant lui aussi aperçu la silhouette, se lance à sa poursuite depuis la ruelle. Quant à Liu Mei Shan, elle tente de sauter par la fenêtre, hésite, et finit par arriver sur le toit. Une folle course-poursuite s'ensuit : Mei Shan s'avoue rapidement vaincue, alors que le soldat Lu puise dans ses ressources pour suivre le fuyard. Dans la frénésie de la course, les deux derniers compétiteurs en lice ne prennent pas gare à un large gouffre qui sépare deux maisons. Si Yan Sheng se maîtrise et freine, sa proie n'en fait pas autant : elle glisse et se rattrape péniblement au rebords du toit. Par bonté de cœur, notre soldat aide le fuyard à remonter. Il s'agit d'un jeune homme plutôt svelte. Rusé, celui-ci profite de ce moment de faiblesse pour repartir de plus belle. Lu Yan Sheng tente de le faire trébucher avec sa Yue, mais l'habilité du jeune homme est telle qu'il parvient à éviter la prise. C'en est trop : Lu Yan Sheng bondit comme un tigre et lui assène un violent coup du revers de son arme. Le coup projette au sol le jeune homme qui glisse et choit dans la ruelle, malgré les tentatives de Yan Sheng pour le sauver. La chute n'est heureusement pas mortelle. Ciu Wang arrive sur ces entrefaites et s'assure que le gamin ne puisse pas s'en aller plus loin. Il est suivi par Tan, Liu Mei Shan et quelques assistants du magistrat : interrogeant leur prise, ils apprennent que le jeune homme s'appelle Second Choix et qu'il a perpétré des vols dans l'espoir de gagner le cœur de Lo May. Sa fragilité, son innocence et sa sincérité ne manquent pas de faire chavirer le coeur de Mei Shan, qui ne peut que plaider pour sa cause. Elle parvient à obtenir de Tan que Second Choix ne se fasse "que" couper la main pour ses crimes. Tian Zaisheng, dernier arrivé sur les lieux, surenchérit : Second Choix n'étant pas dénué de talent, il pourrait aisément trouver une place dans l'armée, ou chez les Mohistes. Non seulement l'intrépide voleur accepter cette voie de sortie, mais il gratifie également le groupe d'informations troublantes : alors qu'il épiait Lo May, il a découvert le groupe d'un prétendu marchand est arrivé en ville ce matin et que ses membres tournent curieusement autour de Lo May. Leur chef, Gu Jin, est accompagné par deux larbins dont la description correspond assez bien à celle des hommes aperçus en ville par Zaisheng et Main Apaisante. Le groupe se dirige ainsi vers le puit des amants, laissant le magistrat emmener Second Choix et de décider de son sort.

Main Apaisante était déjà sur les lieux depuis un moment. Il avait identifié des traces de pas dans la neige : 9 individus attendaient sur place, mais plus personne ne s'y trouve. Lorsque le reste du groupe arrive, le médecin cherche déjà une piste qui le mènerait jusqu'à eux. Un miaulement interrompt les Wuxia : de loin, les yeux brillants d'un chat noir observent nos héros avec insistance. Lorsque Main Apaisante s'approche de lui, le chat s'éloigne, se retourne et miaule de plus belle. Pas besoin de le répéter : les Wuxia ont bien compris qu'il essaie de les mener quelque part. Ils le suivent ainsi jusqu'aux portes de la fonderie de Hungo, à l'extérieur de la cité, où le félin disparaît dans un petit trou. Forcément, Lo May doit s'y trouver. Le groupe inspecte les alentours du bâtiment et c'est l'oreille affûtée de Zaisheng qui vient apporter la confirmation que tous attendaient : à l'intérieur, des gens se gargarisent des traitements qu'ils comptent infliger à Lo May. Déterminés à passer à l'action, les héros s'entretiennent brièvement d'un plan pour pénétrer dans le bâtiment, quand une voix familière se fait soudain entendre : Lo May qui appelle au secours ! Tian Zaisheng passe par une fenêtre qui donne dans la salle principale de l'énorme fonderie, bientôt suivi par les autres Wuxia. Ils y aperçoivent la douce Lo May, vêtue d'une simple tenue d'ouvrier et suspendue par les pieds à un câble, juste au-dessus d'un chaudron de métal en fusion. Manifestement attirés par du bruit, les individus qui se trouvaient dans le bureau du contre-maître font irruption à leur tour. Parmi eux, nos héros reconnaissent sans mal les hommes qui se sont intéressés à Lo May toute la journée. Ils sont accompagnés d'un jeune blanc-bec et de 6 autres loubards peu engageants. Le premier des deux leaders saute au cou de Tian Zaisheng : ce dernier dévie aisément l'attaque et riposte instantanément, infligeant à son adversaire une entaille au niveau du torse. Main Apaisante et Liu Mei Shan se précipitent en direction de Lo May, plus loin dans la salle. Deux sbires leur bloquent le chemin, pendant que les autres limitent l'accès à un escalier donnant sur des échafaudages. Le jeune - Gu Jin, vraisemblablement - recule dans la salle d'où il vient, pendant que le second leader, ingénieux, saisit une louche de métal en fusion. Lu Yan Sheng se met en première ligne afin de libérer le passage pour Main Apaisante et Liu Mei Shan. Quant à Ciu Wang, il s'avance fermement en direction du personnage qui tient la louche.

Le duel entre Tian Zaisheng et son adversaire fait rage. le Mohiste est sur la défensive, aussi laisse-t-il à son assaillant la chance de dicter le rythme de leurs échanges. Pendant ce temps, l'autre présumé ravisseur exulte alors qu'il asperge Lu Yan Sheng et Ciu Wang de métal en fusion. Heureusement, l'effet n'est pas aussi terrible qu'escompté : nos deux héros s'en sortent avec de maigres brûlures au deuxième degré. Ciu Wang riposte de son bâton, ce qui n'empêche pas sa cible de recharger sa louche de métal. Main Apaisante et Liu Mei Shan filent en direction de Lo May, évitant sans mal les attaques peu menaçantes de deux des sbires qui les poursuivent. Ceux-ci laissent à un camarade le soin de poursuivre le duo du haut des échafaudages, pendant qu'ils se tournent vers le redoutable Lu Yan Sheng. Les trois derniers larbins imitent leur chef, se précipitant sur d'autres fours à métal pour s'armer de louches. De sa hallebarde, Lu Yan Sheng décrit un vigoureux arc de cercle et fauche la jambe d'un des pyromanes, comme s'il ne s'agissait que d'une tige de blé. Malheureusement, les choses ne se passent pas aussi bien pour Zaisheng, dont la garde finit par céder : il ploie sous le choc d'un coup puissant et subit une entaille sévère au niveau de l'épaule. En désespoir de cause, maître Tian opte pour la technique de la parade tournoyante et parvient en dépit de sa blessure à parer un nouveau coup. Cependant, le prochain lui est fatal : frappé à la tempe, il s'effondre au sol, terrassé. Au même moment, Lu Yan Sheng tranche en deux le sbire prêt à l'immoler. Les deux derniers tremblent et hésitent ostensiblement à continuer le combat. De leur côté, Main Apaisante et Liu Mei Shan sont stoppés dans leur course lorsqu'ils s'aperçoivent que Lo May n'est manifestement plus là où elle était au début de l'échauffourée. A-t-elle glissé au fond du chaudron ?

Le deuxième chef des ravisseurs brûle à nouveau Ciu Wang d'une louche de métal en fusion et notre pauvre scribe commence à se tordre de douleur. Fort heureusement, cette petite victoire sera la dernière pour l'infâme pyromane, car le soldat Lu se jette sur lui et lui transperce le torse. Projeté par la puissance du coup, sa victime agonise contre un four. De rage, son camarade essaie de le venger en attaquant Lu Yan Sheng, mais ce dernier le terrasse d'un seul revers de son arme. Pendant ce temps, Main Apaisante monte sur les échafaudages pour y confirmer que Lo May a bel et bien disparu. Au passage, il déboite nonchalamment la nuque du sbire qui avait fait tant d'effort pour le rattraper.

Alors que la température retombe (dans tous les sens du terme), Ciu Wang utilise tout son potentiel intérieur pour soigner un Zaisheng mourant. L'intervention porte ses fruits, mais le Mohiste en conservera des séquelles : il restera sourd d'une oreille jusqu'à la fin de ses jours. Suite à cette bataille, les héros interrogent les deux survivants qui se sont rendus. Ils leur expliquent que leur chef, Gu Jin, les avait engagés pour s'occuper de Lo May. Cependant, leur tentative d'enlèvement a - ou était censée avoir - échoué. Ils indiquent également aux personnages que Gu Jin loge à l'auberge voisine de la leur : une occasion pour le retrouver et en apprendre un peu plus. Le groupe se rend alors chez Gu Jin pour lui tirer les vers du nez, non sans déposer Zaisheng à leur auberge pour qu'il y trouve du repos. Gu Jin se montre relativement coopératif. Il explique que par le passé, Lo May avait séduit son père, le poussant à se ruiner - lui et sa famille - pour tenter de la garder à ses côtés. Lorsqu'elle est finalement partie, le pauvre homme a mis fin à ses jours. Toute cette histoire n'était qu'une sombre affaire de vengeance, dont nos héros ne s'émeuvent guère. Ils livrent Gu Jin au magistrat et s'en retournent ensuite aux Quatre Soeurs afin d'y rencontrer Lo May. Malheureusement, Lo May a définitivement mis les voiles. Sa chambre est vide, à l'exception seule d'une flûte déposée sur son lit et sur laquelle est gravé un chat malicieux. Main Apaisante s'en empare, pensant de suite à une relique "magique" imprégnée de Chi. Afin de démystifier cette affaire, Lu Yan Sheng souffle dans l'instrument. À la surprise générale, du son en sort. Quelques minutes de silence témoignent non seulement de l'absence d'effets magiques, mais également du désarroi de nos Wuxia bornés qui peinent à tirer une croix sur la perspective de leur premier objet magique.

Les vols ont été élucidés. Lo May a disparu. À Hungo, tout est rentré dans l'ordre. Nos héros décident de séjourner sur place une dizaine de jours, laissant le temps à Main Apaisante de gagner un peu d'argent, à Tian Zaisheng de se remettre de ses terribles blessures et à Ciu Wang d'encaisser quelques revenus salvateurs grâce à sa plume.

Qu'en est-il des seconds rôles de cette histoire ? Après s'être excusé de son comportement, Feng Sho retourne auprès de sa mère dans un village voisin. Quant au magistrat Xiao Ping, il n'a pas encore pu assouvir sa vengeance. Pour l'instant.


Commentaires

On l'a toujours dit, les scénarii qui se reposent sur des romances sont toujours particulièrement difficiles à mettre en scène, parce qu'ils requièrent des joueurs une bonne foi et une bonne dose de distance lorsqu'il s'agit d'interpréter des héros transis d'amour. C'était le gros challenge de "Une éternelle amoureuse", où un des PJs - ici, Main Apaisante - était appelé au moins à être attiré par Lo May (et au pire, à en devenir fou amoureux). L'histoire ne s'est pas si mal déroulée, bien que je n'aie guère insisté sur ce côté-là (mes joueurs sont libres d'interpréter leurs romances comme ils le veulent). Quoiqu'il en soit, je n'ai pas l'impression d'avoir exploité tout le potentiel de ce script. Plus triste encore, le groupe n'aura jamais profité des diverses occasions et bâtons tendus pour comprendre toute l'histoire de la facétieuse Lo May.

Cette séance a également vu le premier personnage tomber sous le seuil de 0 point de vie. Tian Zaisheng aurait dû mourir à cet instant, mais l'intervention rapide d'un autre PJ lui a sauvé la vie. Au bout de quatre séances, je commençais enfin à jauger le niveau de difficulté des combats. Pas si mal : le D20 System prend sans doute plus de temps à dompter.

Pierre Vanhulst

Pierre Vanhulst

PhD et Assistant de recherche au sein de l'institut Human-IST (Fribourg) et du World Trade Institute (Berne). Fervent rôliste depuis 1996.

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