Cinquième séance de la campagne, le 19 mai 2007. Le groupe se remet du départ de quatre de ses sept membres à la suite d'un différend concernant le nombre de joueurs qu'une campagne de ce type peut accueillir. Dans l'attente de remplaçants, nous continuons donc l'histoire avec Cheng Minh, Liu Mei Shan et Tian Zaisheng. Et quelle histoire, puisque nous entrons enfin dans le vif du sujet : le double scénario "La Prisonnière du désert | Le Prince félon" fait office d'introduction à la campagne Tianxia. Tout commence en douceur par une promenade dans le désert...

Disclaimer : Les illustrations des personnages viennent de "Romance of the Three Kingdoms 10", par Koei ltd.

Message d'introduction

Personnages présents

  • Cheng Minh, "Le Serpent"
  • Liu Mei Shan
  • Tian Zaisheng

Préambule

Après dix jours de repos bien mérités, notre groupe de héros rencontre quelques difficultés de cohésion. Main Apaisante, encore sous le choc de ses démêlés avec Lo May, décide de rester à Hungo dans l'espoir de la revoir. Ciu Wang souhaite rejoindre l'administration de la cité pour y faire valoir ses connaissances sans commune mesure en matière d'administration. Quant à Panda Assoiffé, il disparaît mystérieusement au petit matin. Ce ne sont plus que Liu Mei Shan, Tian Zaisheng, Cheng Minh et le soldat Lu qui reprennent la route en direction d’Yanshan.

Déroulement de la séance

Lentement mais sûrement, l'hiver touche à sa fin. Si la neige reste présente, les courants d'eau commencent à se libérer de leur prison de glace et à dévoiler leur puissance. Dans les cités, les ruelles sont enfin praticables sans crainte de chuter. Pour compenser leur nombre restreint, nos héros décident d'engager des mercenaires afin de renflouer leurs rangs. Pendant que Liu Mei Shan s'en va acheter des marchandises à revendre, Tian Zaisheng tend l'oreille (la seule qui fonctionne encore) aux rumeurs concernant d'éventuelles expéditions vers Yanshan.

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Le Vieux Soldat. Visiblement déserteur, ce vieux soldat tenta de rejoindre le groupe avant de se frotter à un refus peu explicite.

Dame Liu cherche à se procurer de l'alcool à l'auberge des Quatre Soeurs, où la tenancière propose de lui céder cinq bouteilles pour 250 daos. Outrée par ce prix excessif, Mei Shan parvient à négocier un tarif plus doux de 200 daos pour les cinq : rien de tel que quelques explications sur l'aspect prohibitif des taxes du Zhao pour convaincre un vendeur de céder.
De son côté, Tian Zaisheng entend parler d'un soldat proche de la retraite, désireux de quitter la ville. Qu'à cela ne tienne, notre Mohiste va se renseigner auprès de la garnison de la cité. Les gardes lui indiquent ladite personne : un vieux vétéran grossier aux manières rustres, dont les motifs semblent passablement obscurs. On pourrait le soupçonner de vouloir déserter. Réalisant qu'un homme pareil n'augure rien de bon, Zaisheng refuse poliment la proposition et s'en retourne à l'auberge.

Pendant ce temps, Cheng Minh émerge. Ces derniers jours ne l'ont guère épargné. Le teint pâle, il sort du dortoir et rencontre enfin Tian Zaisheng. Autant dire que les deux hommes ont des visions opposées sur de nombreux sujets...
Nos trois héros discutent des prochaines étapes du voyage lorsqu'un étrange individu les interrompt : un jeune homme coiffé d'un bandana vert et dont l'allure semble trahir quelques aisances dans l'art du combat. Il déclare vouloir pérégriner avec eux, ce qui ne peut qu'enchanter le groupe. Le départ est programmé pour le lendemain matin. Sur ce, le mercenaire se retourne et s'en va. Cheng Minh le suit ; il se rend dans une auberge voisine de qualité relativement humble. Rien de suspect. Plus tard dans la soirée, le fameux soldat proche de la retraite profite de son tour de garde pour faire irruption dans l'auberge et tente à nouveau de convaincre Zaisheng de l'accepter. Le Mohiste, rusé tel le renard, feint de mordre à l'hameçon et lui donner rendez-vous dans deux jours à midi. Visiblement bluffé, le soldat s'en retourne à ses obligations. Cheng Minh, quant à lui, vérifie qu'il n'a pas perdu ses talents de larron. Il entre dans une ruelle sombre et subtilise la bourse d'un jeune bourgeois éméché, sans éveiller les soupçons. Content de lui, le Serpent rentre à l'auberge et se couche en prévision de la difficile journée qui l'attend.

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Petit Profit

Au petit matin, les héros se réveillent et cherchent l'individu au bandana qui se trouve à la porte, fidèle à son engagement. Fort de cinq personnes, le petit groupe prend ainsi la route, pour le meilleur et pour le pire. Il faudra attendre quelques heures de marche avant que leur nouveau compagnon de voyage accepte de dévoiler son nom : Guo Ts'ai-Ja. Des semaines durant, ils dorment dans des relais miteux et traversent tant bien que mal plaines, forêts et canyons, jusqu'à découvrir une large rivière dont le pont s'est brisé. Le groupe est bloqué, rebrousser chemin prendrait trop de temps. Heureusement, les Cieux leur ont offert de la compagnie : un marchand et ses deux acolytes font face au même problème. Le marchand, petit et rondelet, engage immédiatement la conversation avec Liu Mei Shan. Tous deux comprennent vite qu'il serait dans leur intérêt de mettre leurs ressources en commun, aussi leurs groupes fusionnent-ils. Tian Zaisheng prépare les plans nécessaires à la répartition du pont, pendant que Cheng Minh et les deux acolytes du marchand s'occupent de la coupe du bois. Le petit homme à la compagnie agréable se surnomme "Petit Profit". Difficile de savoir s'il ne s'agit que d'une façade, mais l'honnêteté transpire par tous les ports de sa peau.

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Guo Ts'ai-Ja

À la nuit tombée, tous se réunissent sous une tente, où Tian Zaisheng convie Petit Profit à une partie de wéiqí((Appellation chinoise du Go)). Il faut dire que notre Mohiste brûlait d'envie d'essayer cet antique plateau de wéiqí bien préservé qu'il avait déniché, par hasard, dans les réserves du marchand. Ce dernier, inculte en la matière, relève le défi et remporte la partie, à la surprise générale. Gêné, il cède le plateau de jeu et ses pièces pour 6 misérables daos, en guise d'excuses, ce que Zaisheng s'empresse d'accepter. Après un rapide coup d’œil sur la marchandise, Mei Shan identifie formellement son matériau : de l'ivoire, un bien rarissime, voire introuvable dans le nord du Zhongguo.

Le Serpent reste dubitatif quant à la prétendue naïveté de Petit Profit. Subtilisant au passage quelques bijoux pour sa peine, il fouille sa marchandise et y découvre un nombre important de reliques anciennes probablement déterrées dans des tombeaux que toute personne honnête épargnerait. Minh suspecte néanmoins les deux assistants du marchand, Fu et You, d'organiser ces pillages à l'insu de Petit Profit, pour leur propre compte.

Le lendemain, Fu et You finissent de réparer le pont, pendant que Tian Zaisheng et Guo Ts'ai-Ja échangent quelques passes d'armes. Ts'ai-Ja remporte la première : bien que rapide, Zaisheng est pris de vitesse par la lame du mercenaire. Celle-ci semble briller de mille feux alors qu'elle glisse d'une main à l'autre, défaisant sans mal la défense du Mohiste qui peine à comprendre d'où l'attaque va surgir. Interrogé sur cette impressionnante manœuvre, Ts'ai-Ja déclare simplement qu'il s'agit du "Style de l'Épée céleste de la Foudre". La deuxième passe d'armes est remportée par Tian Zaisheng ; misant tout sur la vitesse, il parvient à briser la défense de son adversaire avant qu'il ne réitère sa prouesse. Impossible de conclure ces échanges sans une belle, afin de déterminer qui, des deux bretteurs, est l'aîné. Cette manche finale est gagnée de justesse par Zaisheng : sa lame est plus rapide, Ts'ai-Ja parvient à la bloquer quelques secondes, mais sa riposte ne suffit pas. Le Mohiste dévie l'attaque et frappe une dernière fois, touchant le mercenaire au bandana. Satisfaits, les deux guerriers se saluent respectueusement, se promettant d'échanger quelques techniques martiales à l'occasion.

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Mok-Shi Minh

Après des semaines de marche, nos héros arrivent à leur destination. Leur pression ne manque pas de chuter alors qu'ils s'aperçoivent de la situation : en guise de muraille, un simple amas de terre. En son centre, des bâtiments en ruines, abandonnés à la poussière. Certaines maisonnettes plus récentes sont bâties à même les murs des anciennes constructions qui formaient la cité d’Yanshan, dans un capharnaüm architectural qui confine à l'insulte aux règles du Fengshui. Au milieu de la "cité" se trouvent la caserne, un grand enclos hébergeant désormais un marché permanent et les bureaux du Magistrat - Mok-Shi Minh - qui ne diffèrent en rien des autres modestes demeures. Celui-ci accueille chaleureusement les aventuriers, qu'il convie à un succulent repas dans le seul bâtiment encore impressionnant à Yanshan : l'auberge de la Croisée des Chemins.

Mok-Shi Minh profite du souper pour raconter l'histoire d’Yanshan : il y a de cela une génération, la cité bouillonnait d'activité et servait de carrefour entre les territoires des Xiongnu et le Zhongguo. Malheureusement, après qu'un incident diplomatique majeur ait embrasé la région, les Xiongnu la mirent à sac en représailles. Quelques rares survivants se souviennent encore de ce jour qui a définitivement marqué leur mémoire et depuis, plus personne ne s'est préoccupé de l'endroit. Mais Mok-Shi Minh, délégué gouverneur suite à un complot, a finalement trouvé sa raison de vivre : rendre à Yanshan sa gloire d'antan et en faire le symbole d'une nouvelle entente entre les barbares et le Zhao. Il a d'ailleurs prévu le mariage de son fils, Mok-Shi Tung, et de la fille du chef d'une tribu Xiongnu - une certaine Xoa. La fête aura lieu dans deux jours, d'où une recrudescence d'activité dans le village.

Déjà habitués aux caprices du destin, nos Wuxia sentent que quelques individus malintentionnés pourraient saisir l'occasion pour causer du trouble, aussi proposent-ils leurs services pour assister les préparatifs. Mok-Shi Minh peine à retenir sa surprise quant à cette offre généreuse : après moult remerciements, ils leur donne une liste de tâches qui nécessitent leur aide. Notre petit groupe s'y attèle dès le lendemain.

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Sze, le vieillard

Au petit matin, Tian Zaisheng se rend à la garnison pour y proposer son aide, en qualité d'expert Mohiste. Il se ravise bien vite lorsque le soldat Lu l'informe d'une nouvelle embarrassante : Wan Yei, le jeune chef de la garnison, voue une haine féroce aux siens. Zaisheng préfère alors cacher son insigne de terre cuite, preuve de son appartenance à la secte des Mohistes, avant de rencontrer le commandant Wan. Celui-ci se montre rassurant, louant la rigueur de ses hommes. Selon lui, la garnison n'a pas besoin d'aide extérieure. Zaisheng quitte le bureau sceptique. Il tente d'évaluer les défenses de la cité par lui-même, mais son entrevue avec Wan Yei l'a déstabilisé au point de faire vaciller son jugement : le mur de terre ne sera pas suffisant pour bloquer une charge, mais la ville pourrait-elle vraiment mettre en place une autre solution dans l'optique d'une attaque ? Il ne sait même pas combien d'hommes sont disponibles en cas de crise. Perdu dans ses doutes, il finit par apercevoir un groupe d'enfants qui martyrise un vieil homme, non loin de là. Notre mohiste n'hésite pas une seconde avant de sermonner les enfants. Lorsque ceux-ci quittent les lieux, les joues et les oreilles rouges de honte, leur victime se relève péniblement, en rejetant comme un malpropre toutes les tentatives de son sauver pour l'y aider. Une journée pourrie pour Zaisheng, dont nul ne veut l'aide. Il finit par trouver quelqu'un qui ne rechigne pas à recevoir un coup de main : le Fangshi de la cité, rompu à l'art du fengshui, écoute poliment ses suggestions quant à la reconstruction de Yanshan.

Pendant ce temps, Liu Mei Shan se mêle à gente féminine de la cité. La maladresse constante dont elle est victime lui vaut quelques regards condescendants, mais cette humiliation lui rapporte néanmoins des ragots de valeur. Entre autres, elle entend parler de Sze, un vieil homme assez détesté dans le village, qu'on traite comme du pus sans que personne ne l'explique vraiment.

Que fait Cheng Minh, l'incorrigible vaurien à la lame affûtée ? Il décide de faire la tournée des auberges - non pour assouvir une quelconque passion pour la boisson, mais bien pour prêter l'oreille au bas peuple dans le dessein de mieux comprendre qui pourrait vouloir faire échouer le rapprochement entre les Xiongnu et le Zhao. Force est de constater que la haine envers les barbares du Nord anime encore bien des habitants, à tel point qu'elle pourrait servir de moteur pour un acte désespéré. Interrogé à ce sujet, Mok-Shi Minh rajoute également que des royaumes voisins pourraient voir d'un mauvais œil les bonnes relations du Zhao avec les Xiongnu.

Lorsque la soirée tombe, le groupe se retrouve à l'auberge : une occasion propice au partage de leurs trouvailles. Zaisheng et Mei Shan concluent que Sze n'est autre que la personne secourue par notre valeureux Mohiste, tant les deux descriptions semblent correspondre. Au milieu de la discussion, les Wuxia s'interrompent lorsqu'ils aperçoivent un Mok-Shi Minh nerveux, assis à une table seul avec sa boisson. Interrogé sur ses soucis, le Magistrat répond qu'il a été convoqué en tant que témoin dans un procès à la capitale du district, l'empêchant d'accueillir en personne la délégation Xiongnu à Yanshan. Il craint qu'envoyer les villageois à sa place ne mette le feu aux poudres, tant la xénophobie est toujours forte dans la population. Cheng Minh se laisse aller à un sursaut d'altruisme, bientôt suivi par ses camarades : ils se portent volontaires pour rencontrer les barbares et les ramener à la cité saints et saufs. Décidément, la naïveté désarmante du Magistrat est un argument de persuasion bien efficace !